Dans les hameaux de Bouguenais, Port Lavigne occupe une place singulière grâce à sa situation avancée dans les prairies humides. à proximité du chantier naval, une promenade longe la Loire. De grands arbres envahis de gui ponctuent un sentier à la végétation luxuriante. Pourtant proche de la zone aéroportuaire, du périphérique nantais et du port à bois, Port Lavigne est un vaste domaine naturel. C’est cette capacité du site à nous transporter vers un autre temps, une autre ère, un autre monde, qui a séduit Sarah Sze.
Travaillant toujours en rapport à un contexte paysager ou architectural, Sarah Sze (1969, Boston) crée des sculptures légères et aériennes qui jouent avec les contradictions. Souvent monumentales, elles invitent à la déambulation et à la découverte de nouvelles perspectives.
Les Colons, œuvre dispersée le long du chemin, invite à parcourir et ressentir le site. Trois arbres sont littéralement “colonisés” par un ensemble de sculptures, créant une série de rencontres improbables sous nos latitudes : un ourson grimpe sur une souche, aidé par sa mère ; un jaguar se prélasse, une colonie de singes occupe le troisième arbre. Chaque animal est pris dans l’instantané d’un comportement précis : il chasse, se lave, joue, dort.
Les sculptures, parfaitement réalistes et visibles du fleuve et de la rive, sont de couleur noire et prennent ainsi l’apparence de silhouettes. Pour l’artiste, “elles jouent avec l’idée d’un désir de retour à la nature et au sauvage”.
Cheminement difficile pour les personnes à mobilité réduite.