Rattachée à la ville et à l’île Gloriette par le comblement des bras de la Loire (Nantes était considérée autrefois comme la “Venise de l’Ouest”), l’île Feydeau reste une langue de terre bâtie bien distincte de ses alentours. Son caractère XVIIIe indemne et sa silhouette d’îlot urbain isolé persistent jusque dans la dénomination locale à lui conserver sa nature insulaire.
Nantes, port négrier
Deux grandes sources de richesse garantirent l’opulence nantaise du XVIe au début du XIXe siècle : l’Afrique et l’Amérique. Des navires construits et armés à Nantes assurèrent un commerce triangulaire entre le premier port de France de l’époque, les côtes de Guinée et les Antilles. Le principe en était cruellement simple : acheter des Noirs revendus contre du sucre de canne qui sera raffiné à Nantes. Bien sûr, les navires déversèrent également sur les cales du quai de la Fosse et de l’île Feydeau d’autres marchandises coloniales tels café, cacao, poivre, indigo ou bois exotiques. L’île Feydeau concentre en son sein les témoignages de cette période où les armateurs formaient de véritables dynasties.


